Banques : la controverse bat son plein entre le FMI et les Européens
Le Monde, 01.09.2011 - Cette instance où siègent les représentants de vingt-quatre Etats membres, dont cinq de la zone euro, a discuté selon son ordre du jour officiel des conclusions préliminaires de ses économistes sur l'état de l'économie et de la finance mondiales. Cette instance où siègent les représentants de vingt-quatre Etats membres, dont cinq de la zone euro, a discuté selon son ordre du jour officiel des conclusions préliminaires de ses économistes sur l'état de l'économie et de la finance mondiales.
Selon une source proche de l'institution, le "Rapport sur la stabilité financière dans le monde" publié par le FMI chaque semestre, et attendu le 21 septembre, examine en détail la solidité du système bancaire européen.
Cette source s'est refusée à donner des précisions sur la teneur des discussions. Elle a fuité dans la presse, contrairement à la tradition de confidentialité de l'institution de Washington. D'après le Financial Times, qui a cité "deux responsables", la réunion a vu éclater une "vive controverse" entre fonctionnaires du FMI et Européens.
"Les fonctionnaires du Fonds monétaire international ont provoqué une vive controverse avec les autorités de la zone euro en présentant des estimations montrant les graves dégâts causés au bilan des banques européennes par les titres de dette des Etats de la zone en difficulté qu'elles détiennent", a indiqué le quotidien britannique.
"VISION BIAISÉE"
Le Financial Times a indiqué que selon les calculs des économistes du FMI, si les banques européennes inscrivaient à leur bilan les obligations des Etats de la zone euro à leur valeur de marché, leurs fonds propres tangibles chuteraient d'environ 200 milliards d'euros au total, soit de 10 à 12 %.
"La vision du FMI est biaisée. Ils ne voient que la mauvaise partie du débat", a affirmé la ministre des finances espagnole, Elena Salgado, au quotidien londonien.
Dans un discours lors d'une conférence à Jackson Hole (Wyoming, ouest des Etats-Unis), samedi, Mme Lagarde a appelé les Européens à recapitaliser, si besoin par des fonds publics, les banques du continent, ce qui est selon elle "essentiel pour briser les chaînes de la contagion" de la crise financière. Ces propos lui ont valu une pluie de critiques en Europe, où les dirigeants ont fait valoir la bonne santé des grands établissements.
Son successeur au ministère des finances à Paris, François Baroin, a déclaré, mercredi 31 août, qu'il n'y avait "aucune interrogation et aucune inquiétude à avoir" sur le système bancaire français. La veille, le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, avait dit son étonnement après les propos de Mme Lagarde. Celle-ci, qui a pris ses fonctions au FMI le 5 juillet, a promis au conseil d'administration de ne pas "représenter les intérêts d'une région particulière".
Mais si elle est la directrice des services du FMI, les statuts lui imposent aussi de veiller à la prise en compte des intérêts des Etats membres. En l'occurrence, le rejet ferme par les Européens des calculs de ses services devrait l'obliger à un exercice délicat de compromis.












