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Ma contribution:" Ne tombez pas dans de pièges"

Par Manirambona Gordien, 01/01/2012 - Chers Burundais et amis du Burundi et tous les lecteurs de ce site, permettez-moi de vous souhaiter une heureuse année 2012. Que cette année soit de prospérité et surtout de bonne santé. Pour les Burundais que ce soit aussi une année de consolidation de votre jeune démocratie et de l'échec encore plus écrasante pour les ennemis de la démocratie.

Chers Burundais on ne peut pas ne pas se réjouir de vos pas atteints vers la paix durable et votre aspiration à la justice à travers le processus que vous entamez pour vous réconcilier et rendre justice aux victimes des pouvoirs tyranniques qui se sont succédés. Courage.

 Il est digne d'un Burundais de dire ce qu'il pense pour son pays comme votre pouvoir le garantit à vous tous sans aucune distinction. On voit aussi que beaucoup de gens qui n'ont pas de nationalité burundaise vous faire des recommandations quant au chemin de vous réconcilier. Toute fois il faut les écouter mais c'est à vous le dernier mot.

"La réconciliation des Burundais doit se faire pour les Burundais et par les Burundais". Vous savez que j'aime vous parler sur différents sujets que je juge intéressants pour vous mais cette foi je suis moi-même intéressé.

En effet j'ai consulté pas mal de textes et j'ai l'impression qu'il y a des points très importants qui ne sont pas traités et sans lesquels votre mission peut être compromise. Ainsi je vous propose ma contribution pour votre mission de vous réconcilier et rendre justice aux victimes.

Je lance aussi un appel à tous ceux qui veulent porter une contribution qu’aujourd’hui il faut examiner le projet voir les problèmes auxquels pourront se heurter les commissaires et proposer des moyens de les prévenir; ce n'est pas le temps de dépôt des dossiers. Vous pouvez préparer vos dossiers mais pour après.

A mon avis vous risquez de mélanger, comme on dit, des choux et des chèvres. Se réconcilier n'a rien de juridique. Rendre justice à une victime ne signifie guère la réconcilier avec le coupable. Pour cette raison je crois que votre projet doit comporter 3 volets: la réconciliation; dire la vérité et la justice aux victimes. D'où la nécessité de faire 4 commissions.

1. Une commission nationale pour la réconciliation.
  Rôle: Cette commission doit proposer des méthodes de faire comprendre aux Burundais les avantages de se réconcilier. Se réconcilier est un acte volontaire. Et ne doit pas être forcé. Il faut que les coupables éprouvent eux-mêmes le bien de demander pardon et les victimes celui de pardonner. Si ça se passe autrement c'est dangereux. Composition: cette commission doit être composée de sociologues; de psychologues; de religieux et de sages. Tous de nationalité burundaise.

2. Une commission nationale pour dire la vérité.
Rôle: Cette commission devra élaborer un manuel scolaire pour l'enseignement de l'histoire du Burundi. Tout ce que vous voulez faire doit s'inscrire dans le cadre de faire tout pour que il n'y ait plus de violence au Burundi. Et le seul moyen de le faire c'est transmettre la vérité aux futures générations. Comme je l'ai signalé ici haut pourquoi faire un semblant pour recommencer demain?
 
Composition: Cette commission doit être composée de pédagogues; d'historiens, et de  chercheurs de l'université dans le domaine de la méthodologie. Tous de nationalité burundaise. Cette commission doit être présente lors des séances des autres commissions seulement pour recueillir des informations d'une façon passive.

3. Une commission nationale pour la justice.
Rôle: Cette commission doit traiter tous les dossiers dont les faits tombent sous la juridiction burundaise. C'elle qui définit la qualité et la quantité des faits qui doivent être traités par la juridiction burundaise ou internationale.
Pour les mêmes faits qualitativement et quantitativement les dossiers doivent être traités par une même juridiction et de la même façon.
Composition: Cette commission doit être composée de magistrats et un personnel de la magistrature nécessaire pour son fonctionnement. Tous de nationalité burundaise. Cette commission peut être assistée passivement par des Etrangers.

4. une commission internationale pour la justice.
Rôle: Cette commission doit traiter tous les dossiers dont les faits relèvent du droit international.
Composition: Cette commission doit être composée de magistrats et du personnel mixte: de nationalité burundaise et étrangère.

"Imbeba yarihuse ivyara ibihumye". Si vous ne tirez pas attention vous risquez de détruire Au lieu de construire à la gloire des ennemis de la démocratie qui ne rêvent que ça. Ici je vous donne quelques points qu'il faut finaliser pour le fonctionnement des commissions et pour rendre justice à tout le monde:

1. La reconnaissance d'un (des) génocide(s).
On ne peut pas punir quelqu'un pour avoir commis un crime qui n'existe pas. Si ce (ces) génocide(s) n'est (sont) pas reconnu(s) vous perdez du temps. Ca m'étonne comment l'ONU veut juger un génocide qu'elle ne reconnaît pas. N-est-ce pas bizarre?

2. S'assurer de l'adhésion de tous les Etats à livrer tous les coupables présumés.
Certains Etats ne livrent pas leurs ressortissants aux juridictions internationales. Or il y a plein d'anciens Burundais qui jouissent aujourd'hui des nationalités de ces Etats. Donc vous risquez de punir les uns et laisser les autres courir. C'est aussi une injustice qui peut bloquer votre processus.

3. S'assurer de l'adhésion de tous les Etats à fournir toutes les informations.
Pour les crimes dits économiques; il peut y avoir des détournements vers l'étranger. Dans ce cas si les Etats concernés ne donnent pas toutes les informations vous risquez de ne pas punir tout le monde. Vous serez tombés dans le piège. Ces Etats qui proposent des commissaires doivent être les premiers à donner les infos.

4. L'ordre d'étudier les dossiers.
Certains faits peuvent être des conséquences des autres. Donc il serait juste de commencer par le début car on peut voir clairement ceux qui veulent satisfaire leurs amis et se retirer du processus. L'ordre d'étudier les dossiers est primordial. Découvrez tous les pièges.

5. La langue de travail.
A mon avis il faut donner l'opportunité aux victimes et aux coupables présumés de s'expliquer Et pour cela la langue burundaise "le kirundi" devrait être privilégié car c'est la seule langue à mon avis que maîtrisent bien les Burundais.

6. La nomination des commissaires.
Ici je pense que le peuple doit jouer un grand rôle. Je pense que c'est souhaitable de faire une proposition de candidature auprès du Parlement, les élus du peuple, qui devra faire parvenir les noms à la population et demander s'il n'y a rien contre telle ou telle autre candidature. Cela pour s'assurer des mains propres des commissaires. Les commissaires devront être nommés par le parlement parmis les noms retenus. Donc pas de liste préconçue.

7. La loi
Pour que tout fonctionne il faut une loi. Sans loi certains vous diront qu’ils n’acceptent pas ceci ou cela et ils auront raison. Une loi bien concertée depuis les conseils communaux, rédigée par le parlement puis signée par le sénat et promulguée par le président de la République est indispensable.

Voici quelques points que je vous propose à vous le dernier mot.
Restez unis contre les ennemis de la démocratie.



Manirambona Gordien
Pays-Bas