Umugan’ugana akariho - L’indigne Pancrace ou le Coche et la mouche
Coin du lecteur:
Par Kazirukanyo Martin
Après avoir lu régulièrement sur le net les élucubrations utopiques de l’indigne Cimpaye Pancrace (puisqu’il se nomme lui-même ainsi), je me suis souvenu de cette belle fable et de sa morale qui résume bien, de nos jours, le positionnement de certains de nos compatriotes burundais sur l’échiquier politique, à commencer par Sieur Cimpaye.
En effet, le Coche et la Mouche, de Jean de la Fontaine est une fable qui raconte une petite histoire avec une portée morale de longueur variable, elle autorise le changement de la mesure du vers pour animer le récit. Elle met en scène deux protagonistes très différents : La Mouche, insecte minuscule et vantard et le coche (moyen de transport) lourd et, par métonymie (contenant pour le contenu), les voyageurs qu’il transporte. La conjonction « et » prend rapidement une valeur adversative (l’un contre l’autre).
La fable toute entière joue de la distinction entre le faire et le paraître.
- Du vers 1 au vers 6, la dimension comique provient du contraste entre la petitesse et la grandeur « Six forts chevaux tiraient un Coche », « Femmes, Moine, vieillards », qui exprime la grandeur et « Une Mouche » qui correspond à la petitesse.
- Vers 15 « Un Sergent de bataille allant en chaque endroit ». La comparaison avec le « sergent de bataille », joue aussi de la séparation entre l'infime taille et le manque d'importance de la mouche, et la carrure ainsi que le rôle crucial du sergent.
- Vers 7 « Prétend les animer par son bourdonnement ». La disjonction comique entre le verbe et le complément de moyen.
- Le caractère grandiloquent des rimes « victoire » et « gloire » vient contredire le peu d’importance de la situation.
- La Fontaine insiste sur l’inutilité des actions de la mouche : « Dame Mouche s'en va chanter à leurs oreilles,/ Et fait cent sottises pareilles ».
- L’ellipse confère une dimension comique : « Après bien du travail le Coche arrive au haut ».
• Jean de LA FONTAINE (1621-1695)
Le Coche et la Mouche
Dans un chemin montant, sablonneux, malaisé,
Et de tous les côtés au Soleil exposé,
Six forts chevaux tiraient un Coche.
Femmes, Moine, vieillards, tout était descendu.
L'attelage suait, soufflait, était rendu.
Une Mouche survient, et des chevaux s'approche ;
Prétend les animer par son bourdonnement ;
Pique l'un, pique l'autre, et pense à tout moment
Qu'elle fait aller la machine,
S'assied sur le timon, sur le nez du Cocher ;
Aussitôt que le char chemine,
Et qu'elle voit les gens marcher,
Elle s'en attribue uniquement la gloire ;
Va, vient, fait l'empressée ; il semble que ce soit
Un Sergent de bataille allant en chaque endroit
Faire avancer ses gens, et hâter la victoire.
La Mouche en ce commun besoin
Se plaint qu'elle agit seule, et qu'elle a tout le soin ;
Qu'aucun n'aide aux chevaux à se tirer d'affaire.
Le Moine disait son Bréviaire ;
Il prenait bien son temps ! une femme chantait ;
C'était bien de chansons qu'alors il s'agissait !
Dame Mouche s'en va chanter à leurs oreilles,
Et fait cent sottises pareilles.
Après bien du travail le Coche arrive au haut.
Respirons maintenant, dit la Mouche aussitôt :
J'ai tant fait que nos gens sont enfin dans la plaine.
Ca, Messieurs les Chevaux, payez-moi de ma peine.
Ainsi certaines gens, faisant les empressés,
S'introduisent dans les affaires :
Ils font partout les nécessaires,
Et, partout importuns, devraient être chassés.












