Les grands chantiers du cinquantenaire de l’Indépendance du Burundi
L’indépendance nationale est d’abord une question de dignité, de liberté et de démocratie. Au bout de deux générations, 50 ans, rendons hommage aux héros, nationaux et anonymes, anciens et récents, qui ont permis l’ancrage de la démocratie et la stabilité des institutions démocratiques. Enfin, aujourd’hui, les Burundais peuvent envisager les perspectives d’un développement durable et harmonieux de leur pays.
En citant, Son Excellence le Président de la République, Mr. Pierre NKURUNZIZA, « gukamisha amahoro » : la paix et les dividendes de la paix. Non pas la paix factice, sous les anciens régimes militaires, la paix que procuraient les armes ou la peur; mais celle véritable et durable, fruit des élections démocratiques, de l’Etat de droit, de la justice, de l’équité et de la solidarité.
Ainsi, au terme de cinquante ans d’indépendance, le Burundi s’attelle à divers grands chantiers pour révolutionner le pays et répondre aux préoccupations quotidiennes de la population par la construction des infrastructures (travaux communautaires, immeubles de l’Etat, routes, écoles, stades, etc.), la réduction de la pauvreté et le renforcement de la culture démocratique.
Les défis sont immenses mais les solutions sont à notre portée. Aujourd’hui, nous n’avons d’autre choix que d’évaluer sans complaisance la cause de nos échecs passés et de contribuer dans l’unité à la reconstruction nationale.
Les trois plus grands défis demeurent :
1.Une production agricole insuffisante : La solution est la « Révolution Verte» telle que préconisée par l’ancien Secrétaire Général de l’Onu, M. Kofi Annan, à l’origine des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) qui arrivent à échéance en 2015. D’après M. Kofi Annan, le « père fondateur » des OMD, la solution est universelle : utiliser plus d’engrais chimiques et sélectionner les semences.
Le Ghana, le Malawi et le Rwanda viennent de réussir ce pari en augmentant fortement leur production céréalière en 5 ans. Passant de 520 mille tonnes de céréales en 2006 à 856 mille tonnes en 2011 pour le Rwanda, et 3377 mille tonnes en 2006 à 4121 mille tonnes en 2011 pour le Malawi, tandis que le Burundi est reste stationnaire de 293 à 311 mille tonnes de céréales entre 2006 et 2011 (http://www.fao.org/giews/countrybrief/country.jsp?code=BDI , http://www.fao.org/giews/countrybrief/country.jsp?code=RWA, http://www.fao.org/giews/countrybrief/country.jsp?code=MWI ) .
Tous les citoyens ont le devoir patriotique de contribuer, à des degrés divers, à la réussite de l’objectif fixé par le Président de la République, « …de tout mettre en œuvre pour baisser sensiblement la proportion des pauvres de 67% à 47% en 2015.. » lors du lancement du Cadre stratégique de croissance et de lutte contre la pauvreté de deuxième génération (CSLP-II).
L’apport de tous les citoyens contribuera à cette réussite, notamment l’intervention récente et salutaire, des autorités anti-corruption, et de l’Olucome, pour stopper certains actes de détournement des engrais chimiques subventionnés et des vaches destinées au repeuplement du cheptel bovin.
D’après le PNUD (http://www.bi.undp.org), Il est à noter que le CSLP-I n’a pas atteint les résultats escomptés. En effet, la croissance s’est établie à 3, 8%, contre une moyenne de 6, 8% qui était attendue. Si l’on intègre l’accroissance démographique de 3.7 %, on constate que « …ce taux de croissance est très bas et ne peut pas réduire le taux de pauvreté à l’état actuel… ». L’intensification de l’agriculture, comme au Ghana, Rwanda et Malawi peut permettre de doubler la croissance économique et réduire la pauvreté.
2. Le renforcement de la culture démocratique :
La liberté, la démocratie et les droits de l’homme sont des quêtes permanentes. En effet, son Excellence le Président de la République vient de lancer une « campagne nationale de la promotion et de renforcement de la culture démocratique » qui sera propagée dans tout le pays par la Commission Nationale Electorale Indépendante (CENI).
Depuis l’indépendance jusqu’aux élections de 2010, le respect du verdict des urnes a toujours été le plus grand challenge à l’ancrage de la démocratie et à la stabilité des institutions. Dans une récente interview du journal IWACU, l’Ambassadeur des Etats-Unis, Madame Pamela SLUTZ, a tenu les propos suivants : « ……Le gouvernement actuel est formé par trois partis politiques, qui ont gagné les élections. Il est donc légitime. Il n’y a rien à négocier, la population a fait son choix, c’est clair. Il n’y a pas de partage du pouvoir par la négociation. Cependant, ce qui m’inquiète, c’est cette tendance à avoir un système monopartite……C’est triste que quelques leaders politiques aient décidé de ne pas accepter les résultats et choisi de boycotter les scrutins présidentiel et législatif…. ».
Souhaitons donc bon succès à cette campagne nationale d’éducation qui vise le renforcement de la culture démocratique pour « former de bons citoyens et partant, de bons électeurs et des compétiteurs intègres ».
3. L’Indépendance de la magistrature :
La démocratie Burundaise est jeune, réelle et vivante. Néanmoins, le régulateur de la démocratie est la justice et la justice mérite tous les instruments légaux nécessaires pour son bon fonctionnement, notamment une clause constitutionnelle d’inamovibilité des juges du siège, comme dans tous les autres pays démocratiques.
Aujourd’hui, les juges n’ont pas de carrière stable, ce qui provoque certains dérapages : quelques cas, récemment rendus publics par l’Olucome, notamment un particulier qui a poursuivi l’Etat pour 100 mille dollars et le jugement fut rendu contre l’Etat pour 1 million de dollars, etc. Un autre cas, un créditeur accule judiciairement Ecobank pour presque 1 milliard FBU, alors qu’il doit l’argent à cette banque pour 300 millions FBU, etc. etc.
De même, l’emprisonnement trop rapide du Président du Parcem, Faustin NDIKUMANA, au vu des services qu’il a déjà rendu au public et au Gouvernement, quelles que soit les diffamations commises ou fausses déclarations, fait penser que la magistrature est trop sévère dans certains cas et l’ancien reflexe d’écraser le faible disparait trop lentement.
En conclusion, les grands chantiers du cinquantenaire et au-delà, sont réalistes, vu la performance extraordinaire déjà enregistrée par l’administration actuelle depuis 2005 et renouvelée en 2010, au titre du développement communautaire, la construction de plus de 2400 écoles, des routes, des centres de sante, la stabilisation des institutions et la consolidation de la paix. « Dukamishe Amahoro ».
Faisons preuve de patriotisme en contribuant à l’augmentation de la production agricole pour réduire la pauvreté, en participant au renforcement de la culture démocratique et à l’indépendance de la magistrature. Sans aucun doute, le Burundi sera, dans un proche avenir, un pays plus beau qu’avant, du temps de nos ancêtres mythiques.
Jean-Charles NKANGANYI












