L'art de se faire passer pour la victime... et en tirer profit
Par Bindel Magenda (04-01-2012) - Vous êtes sur le point de lire des choses qui vont vous choquer. C'est ça mon but. Je veux vous faire prendre conscience des dangers des idées véhiculés dans ce reportage. Vous serez alors en mesure de décider de l'évolution future de la situation burundaise. En supposant bien sûr que ce qui va être dit ici sera pris en compte. Vous avez le droit de ne pas le lire, d'en douter ou de ne pas y croire. Pour ce qui est de ce que vous allez en faire, je m'en lave les mains. Et je tiens à préciser que je ne suis ni un seigneur de Bujumbura, ni un espion. On vous donne ces informations en tant qu'apprentis-sages et votre opinion se formera à partir de ce que votre sagesse aura déterminé. Bonne lecture.
J'ai regardé à plusieurs reprises le reportage de Pauline Simonet sur France 24. J'ai lu et relu l'article l'accompagnant et les réactions qu'il a suscitées. J'ai également lu et relu l'article sur Hassan Ruvakuki dans le site de Radio France International et les réactions qui s'en sont suivies. J'avoue que j'en ai pris une leçon "impeccable" sur l'efficacité des stratégies de manipulations de certains hommes politiques burundais (la société civile et les médias en font partie!). Pauline Simonet a une mère rwandaise et un père belge comme vous pouvez le vérifier à la page 10 de ce document, et ce n'est pas la première qu'elle couvre la région des Grands Lacs, en témoigne le contenu des paragraphes 6 et 7 de cet autre article publié en 2004. Mon but n'est pas de la discréditer ou de démontrer un parti pris, quoique plus probable. Je vais lui donner le bénéfice du doute et croire qu'il n'en est rien, et Il est ici question de lui prouver qu'elle pourrait n'avoir qu'une seule face de la médaille. Comme tout le monde d'ailleurs, y compris moi avant que je décide de me faire mon opinion par moi-même. Quant à ce qu'elle décidera de croire après, cela n'en tient qu'à elle seule et c'est tout à fait son droit.
Ça va secouer! Et je vous demande de faire appel à votre niveau de tolérance le plus élevé pendant la lecture de ce qui va suivre. Si par hasard à un moment ou à un autre vous éprouvez de la colère, de la trahison ou tout autre sentiment ou émotion envers moi ou toute autre personne, et qu'il vous prend l'envie de pester et/ou de foutre votre poing sur ma gueule ou celle de l'autre, prenez une feuille de papier, écrivez mon nom ou le sien, froissez-le avec toute la hargne dont je vous sais capable, réduisez-le en morceaux (vous pouvez aussi le mâcher, l'écraser à pieds joints,…) et jetez tout à la poubelle. Ça calmera le méchant qui sommeille en vous. Vous pouvez également déchirer une chemise (pas économique), vous tirer les cheveux (très douloureux), crier de rage (ça dérange les voisins), casser une bouteille (dangereux pour l'environnement et les éclats pourraient blesser),…
Et j'ai bien dit le papier avec le nom de la personne, et non la personne elle-même! Je sais qu'il y en qui ont un esprit assez tordu pour le faire et mettre tout sur le dos du Service National de Renseignement, ou des Imbonerakure… Cela étant dit, passons au vif des leçons, "implacables" cette fois-ci.
J'avais écrit un article au début du mois d'août 2010 qui dénonçait le langage d'Alexis Sinduhije. Il y a eu beaucoup de réactions sur lesquelles je reviendrai dans d'autres articles. A ceux qui avaient dit qu'il tenait des propos sans y avoir réfléchi, je vais vous prouver au contraire que tout est sciemment calculé et planifié, et que chaque déclaration est toujours faite suite à un événement qui vient de se passer, ou en lien direct à un événement futur. Ce qui est intéressant est que quand lui et ses acolytes réagissent à un événement passé, le plus souvent est qu'ils ont été pris au dépourvu.
Vous êtes en train de lire des mots et vous comprenez des choses… En en comprenant vous apprenez… Et plus vous lisez, plus comprenez… et plus vous comprendrez… et vous apprendrez. Et de ces apprentissages vous allez vous rendre comptes qu'on a réussi à vous maintenir dans une ignorance… de ce que vous auriez dû comprendre… en réalité …et la vérité…
« The Matrix is everywhere; it is all around us, even now in this very room. You can see it when you look out your window, or you turn on your television. You can feel it when you go to work, when you go to church, when you pay your taxes. It is the world that has been pulled over your eyes to blind you from the truth. » - Morpheus à Néo, La matrice
Traduction libre : « La matrice est partout, elle est tout autour de nous, même en ce moment dans cette pièce. Tu peux la voir lorsque tu regardes dehors par la fenêtre, ou quand tu allumes ta télévision. Tu peux la sentir quand tu t'en vas au travail, quand tu vas à l'église, quand tu paies tes taxes. Elle est un monde qui a été superposé à ton regard pour t'empêcher de voir la vérité. »
Et tout ça à cause du pouvoir! Qu'est-ce qu'on ne ferait pas! …Et nous allons faire des brèches dans cette machine à manipulation et désinformation… Il n'appartiendra qu'à vous de regarder dehors, et surtout de prendre votre élan pour sortir vers la vérité… sans vous retourner… Au-delà de cela, nous n'y avons aucun contrôle. Êtes-vous prêts?
Cas n°1 : Comment accuser l'autre de ce qu'on est en train de faire
J'étais en train de tranquillement être distrait, sans déranger ni moi ni personne, ni rien d'autre que mon sens de la déduction et du jeu avec les mots quand je suis tombé sur cette phrase d'Alexis Sinduhije à la fin de son article "Démocratie ou démocrature" sur Burundi News le 2 juillet 2011: "M. Nkurunziza veut en découdre avec les fils du pays ?" (Notez l'emphase sur le point d'interrogation). Et des questions ont commencé à me venir à l'esprit : "De quels fils exactement parle-il ?"; "Et comment compte-il s'y prendre?"; "D'où tient-il cette information?";"Tous les fils?" … Et tout d'un coup, sans que j'ai à faire quoi que ce soit, une réalité s'est imposée à ma vue : le mot "fils" est aussi le pluriel du mot "fil". Et un fil peut être décrit comme "long et mince". Et… tenez-vous bien!... Comme j'aime jouer avec des mots, j'ai juste substitué la description au mot et voyez par vous-même ce que cette fameuse phrase devient : "M. Nkurunziza veut en découdre avec les longs et minces du pays." Au cas où vous n'auriez pas compris, c'est que vous n'êtes probablement pas burundais! J'ai gardé cela en note, tout en me disant que c'était invraisemblable qu'il ait eu cette intention!
Quelques jours plus tard, le 20 juillet, Gratien Rukindikiza précise exactement que ce sont les "longs et minces" de l'armée dans le dernier paragraphe de cet article. Par sa déclaration "Vos divisions ne serviront qu'à ceux qui rêvent d'en découdre avec l'armée", j'ai conclu que c'était une réponse au point d'interrogation de l'article précédent de Sinduhije. De là j'ai déduit que dans son texte, "armée" voulait dire "ex-armée" (tutsie pour ceux qui l'ignorent), et "peuple" voulait dire "tutsi"! Je vous propose de relire son article en substituant les mots "armée" et "peuple" par "ex-armée" et "peuple tutsi". Vous allez avoir cette impression, tout comme mois, que cette nouvelle version a plus de sens que la première.
Et pour faire en sorte que c'est le Président de la République qui sera accusé de cette division, le "menteur de service" Pancrace Cimpaye accuse le 28 juillet le Président d'être en train de diviser l'armée dans cet article, tandis que Gratien Rukindikiza le renforce le lendemain dans cet autre article, en accusant cette fois-là le CNDD-FDD de se rabattre sur un repli ethnique pour masquer des dissensions internes au sein de son parti.
Pour ceux à qui on essaie de faire croire que la situation n'est pas mieux au Burundi, je vous renvoie à un document publié par le FRODEBU (Pancrace Cimpaye est membre du Frodebu qui fait partie de cette ADC) en 1997 qui parle d'un apartheid sans nom. Vous pouvez visiter ensuite le site www.ceniburundi.bi et chercher la composition actuelle du sénat, de l'assemblée nationale et des conseils communaux. Faites une comparaison et montrez-moi où se trouve l'exclusion dont parlent ces médias.
Actuellement on a le parti représentant la majorité des hutus (le CNDD-FDD) et le parti représentant la majorité des tutsis (UPRONA) qui ont eu respectivement 64.03% et 6.25% des votes à l'échelle nationale aux élections communales de 2010. En y ajoutant le 1.36% du FRODEBU Nyakuri et les quelques autres qui n'ont pas suivi l'ADC dans ses ambitions démesurées, on a environ 72%. A part le FNL (14.15%) et le Sahwanya FRODEBU (5.43%), aucun autre parti n'a même atteint les 4%. Alors si on prend les 72% qui ont décidé de poursuivre le processus électoral, et les 28 % restants qui ont attendu la validation des résultats électoraux par leurs propres mandataires (membres de leurs partis mandatés pour surveiller le déroulement du vote), les observateurs locaux et internationaux, les organisations de la société civile, les médias, … pour accuser le parti CNDD-FDD et la CENI d'avoir fraudé les élections, dites-moi où vous pouvez percevoir une logique démocratique chez ces gens qui disent vouloir restaurer la démocratie alors qu'ils en sont les principaux faussaires.
Notez également qu'une partie non négligeable, sinon la majorité, a quitté le parti FNL dirigé par Rwasa pour rejoindre Emmanuel Miburo. Alors on se retrouve avec presque 80% de la population qui croient que les élections se sont bien déroulées et 20% qui ont parlé de fraudes non pas pendant le déroulement des élections, mais après s'être rendu compte de leur défaite. Qui est démocrate? Qui ne l'est pas?
Ils se sont retiré des élections de leur propre gré, ils se sont enfui du pays de leur propre gré, ils continuent à rejeter les appels au dialogue de leur propre gré, ils appellent à la violence et à la guerre de leur propre gré, et le comble de tout ça ces partis, ces médias locaux et français (France 24, AFP,RFI…) et leurs relais du copier-coller, ainsi que ces organisations locales et internationales accusent le pouvoir de Bujumbura d'être le responsable et le coupable de leur "propre gré"? Quel sacré sale gré!
Et moi qui me demandais ce qu'on fait encore avec cette Organisation internationale de la Francophonie de malheur! Pourquoi on ne la laisserait pas tomber pour rejoindre le Commonwealth? Il me semble que c'était le processus naturel. Tous les autres pays de l'EAC avec lesquels le Burundi chercher à créer une fédération politique, sont déjà dans le Commonwealth. Mais commençons d'abord par modifier la loi pour ajouter l'anglais (et le Kiswahili) comme langue officielle si ce n'est déjà fait. C'est juste une idée qui pourrait évoluer…
Quand j'ai parlé de cette histoire à Madame LaDame, Monsieur LeSieur et Monseigneur Lord, ils se sont tous exclamés : « Incroyable! Et tout ça à cause du pouvoir? Mais qu'est-ce qu'on ne ferait pas! »
Cas n°2 : L'idée, son origine et son évolution
Figurez-vous que j'ai aussi le sens de la curiosité. Pendant que vous vous demandez si ce sens existe et à quoi il pourrait ressembler, je vais vous raconter une autre découverte tout aussi surprenante. J'étais, comme d'habitude, en train d'être intentionnellement curieux sur l'origine et l'évolution des idées, quand je suis tombé sur cette phrase : « If there is violence, it will come after the election, and it will be politically, not ethnically, motivated.» Vous la trouverez au paragraphe 3 (avant dernière phrase du paragraphe) de ce câble Wikileaks envoyé de Bujumbura vers les États-Unis le 9 septembre 2009. Elle pourrait se traduire ainsi : «S'il y a de la violence, elle viendra après l'élection, et elle aura des motivations plutôt politiques qu'ethniques.» Notez que le câble n'a été rendu public que le 30 août de cette année passée 2011.
Quand cette phrase s'est mise en évidence devant mes yeux (ne me demandez pas comment puisque je ne vous le dirai pas, et puis il y a des outils pour ça), une question, sans que j'ai à faire quoi que ce soit de plus créatif, s'est invitée dans ma petite tête : « A-t-il dit ça parce qu'il est clairvoyant ou parce qu'il est au courant d'un plan, qu'il y ait participé ou pas?!» Et c'est à partir de cet instant que je me suis juste mis en tête de trouver ce que pourraient me raconter les réponses à cette question. Et comme une révélation sortant de nulle part d'autre que dans la mémoire très, très enfouie loin dans ma conscience, je me suis rendu compte que depuis le retour du CNDD-FDD, nous avons commencé tous (les ONG locaux et internationaux avec les médias burundais en tête) à dire que les problèmes ethniques étaient finis. Beaucoup ont cru à tort ou à raison qu'on lançait des fleurs au peuple burundais. Eh bien moi je ne suis pas du tout d'accord! S'il est vrai que les divisions ethniques donnent l'impression de s'être évaporées, le problème ethnique lui, est toujours présent.
Par divisions ethniques, je parle de la présence de groupements ou organisations appartenant exclusivement à telle ethnie. Et par problème ethnique, j'entends l'existence des individus ou des groupes d'individus qui veulent exploiter l'identification d'une personne à telle ethnie pour solliciter son appui à l'avancement de leur cause. Et tant que ce problème existera, le danger des divisions ethniques restera toujours là parce qu'elle dépend directement de ce problème. Une division ethnique est un problème ethnique, mais tout problème ethnique n'est pas de la division ethnique.
On ne peut pas mettre en doute la bonne intention de la communauté internationale quand elle déclare que les divisions ethniques sont terminées. Par contre, je soupçonne d'autres personnes de vouloir exploiter cette situation pour faire adopter une autre vision de la violence, de la guerre ou de la rébellion. Alors je vous propose de voir cette évolution.
- On endort la population dans l'illusion et la complaisance de croire que les problèmes ethniques sont terminés;
- Buyoya déclare que s'il y a de la violence, elle sera politique et non ethnique,
- Colette Braeckman fait un pas de plus et publie que « Si la guerre devait reprendre, elle aurait pour objectif de chasser du pouvoir le CNDD, et sa première motivation ne serait donc pas d’ordre ethnique.», dans son article dans le Monde diplomatique (un autre média français) en décembre 2010.
- Au début de décembre 2011, le reportage de Pauline Simonet sur France 24 fait la promotion d'une rébellion avec un "noyau constitué de tutsis", et des hutus à sa solde (j'ai pesé mes mots!).
Si on résume l'évolution, on a d'abord une situation de complaisance; vient ensuite une possibilité de violence "non ethnique", et il y a de la violence "non ethnique"; la violence "non ethnique" évolue en une possibilité de guerre "non ethnique"; la possibilité de guerre "non ethnique" conduit elle-même à la naissance d'une rébellion "non ethnique", et la prévision d'une guerre au Burundi en 2012 par la présidente de l'ICG… … Tout ça à cause du pouvoir "non ethnique"!
Essayez de deviner la suite : « une guerre a commencé, et elle est 'non ethnique' »; qui deviendra plus tard : « la guerre n'est plus seulement politique; elle est devenue ethnique et le CNDD-FDD est en train de massacrer des populations non acquises à sa cause »… Et Sinduhije va rentrer triomphalement en "gagnant" d'une guerre contre la tyrannie, en s'en prenant à la communauté internationale, l'accusant de complicité avec le pouvoir actuel de Bujumbura, d'avoir tout le temps voulu attirer "son" attention à travers des textes publiés dans les médias locaux et internationaux, les rapports de la société civile et organismes internationaux, ainsi que ceux de ces partis associés au sien (qui entretemps auront disparus [eux et leurs leaders respectifs] par je ne sais quelle magie imputable au CNDD-FDD), mais qui (la communauté internationale) n'avait pas daigné l'écouter. Avez-vous suivi mon doigt? Qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour le pouvoir! Ne croyez-vous pas qu'on se doit de jeter de l'eau froide sur ce feu qu'on essaie d'allumer?
Les idées véhiculées dans ces déclarations et reportages de tout bord logent directement un message dans notre cerveau et dans la mémoire collective, nous forçant à adopter la conviction que de la violence "non ethnique", une rébellion "non ethnique", une guerre "non ethnique" et de l'etc. "non ethnique" sont non seulement acceptables et souhaitables, mais également qu'elles sont mieux que celles qui sont ethniques. Pourtant, toutes les guerres sans exception produisent indiscutablement les mêmes effets : beaucoup de blessés, beaucoup d'handicapés, beaucoup de viols, beaucoup de morts, beaucoup d'orphelins, beaucoup de haine, des maladies, des réfugiés, des ruines, de la famine et toutes sortes de conséquences et catastrophes humanitaires toutes aussi dévastatrices, que la cause en ait été ethnique ou "non ethnique". Ce sont des idées qu'il faut combattre avec toute notre énergie.
Alors qu'on arrête de nous chanter qu'une guerre non ethnique vaut mieux qu'une guerre ethnique. Nous n'en voulons aucune! Qu'elle soit sainte, qu'elle soit de libération, que ce soit du Jihad, que ce soit une croisade, qu'elle soit régionale, qu'elle transcende je ne sais quelle division, etc. etc. !... nous, on n'en veut pas de ces guerres! Êtes-vous assez réveillés de votre torpeur là? Gardez ces guerres pour vous, on n'en veut pas!
Ceux qui pensent que le reportage de Pauline Simonet sur France 24 était un échec parce qu'il a été condamné par tout le monde et que l'ambassade de France au Burundi l'a qualifié de bavure comme rapporté, vous vous mettez le doigt dans l'œil. Tant qu'il n'y aura pas de démenti (ou une invitation d'une autorité burundaise) sur le même canal ou une autre chaîne d'envergure internationale pour contredire ce qui a été diffusé, la majorité des téléspectateurs et internautes qui ont regardé ce reportage continueront de croire qu'une guerre légitime (tiens!) contre le pouvoir du Burundi est en train de se préparer. Ces gens-là se foutent de dire la vérité à partir du moment où ils atteignent l'objectif qu'ils veulent. Moi je soutiens qu'en mesure de rétorsion les autorités burundaises exigent carrément que les différents distributeurs télé accrédités au Burundi retirent France 24 de façon permanente de leur liste de canaux, ou à tout le moins qu'on fasse un autre reportage qui parle de l'autre vérité. Et si ça continue, étant donné que France 24 et RFI appartiennent à un consortium financé à 100% par l'État français, on va continuer à rétrécir leur champ d'influence en exigeant que RFI retire ses antennes installées sur le sol burundais. Ce sera juste une réaction légitime cette fois-ci puisque la décision d'émettre un mandat contre Pauline Simonet ne me semble pas efficace si on devine les différentes réactions que les médias et les organisations locaux et internationaux se feraient le plaisir d'émettre. Mais là c'est juste moi!
Toute personne qui a étudié dans un établissement scolaire pendant les régimes passés se souvient d'une histoire qui lui est arrivée ou qui est arrivé à un ami, à un membre de la famille ou à une connaissance de la situation suivante : on se met ensemble sans aucune distinction ethnique. On fait une demande aux autorités, que ce soit au travers d'une réclamation, une dénonciation, une grève, une réunion, une lettre; et à la fin, on se retrouve avec les élèves ou étudiants hutus qui sont les seuls punis ou renvoyés parce que les autres en ont profité pour les dénoncer ou pour dire qu'ils avaient été induits en erreurs par les hutus. Et là je n'ai parlé que des écoles. Prenons l'histoire à témoin et nous nous rendrons compte que nous nous connaissons beaucoup plus que nous le pensons.
Tout est ethnique dans ce pays : du moindre souffle au chuchotement, de l'éternuement jusqu'au vacarme, toute est ethnique. Y compris ce foutu fait de se mettre ensemble dans un journal, une organisation, un parti… pour prouver au monde entier qu'on a dépassé les clivages. Rappelez-vous de vous souvenir que pendant les régimes passés (et même maintenant) il y avait des hutus qui étaient beaucoup plus extrémistes envers les autres hutus que les tutsis eux-mêmes, que parmi les différentes milices sans-échecs et autres il y avait des hutus qui étaient en avant pour massacrer des hutus. Il faut également reconnaître que ceux qui se mettent ensemble ne le font pas tous dans un mauvais dessein. Il y en a qui ont des intentions louables et qui agissent ainsi, et c'est à encourager.
Ce que je vais dire par là est que le fait qu'un journal, un site Internet, une compagnie, une organisation, un comité ou un quelconque groupe ait une composition à parité hutu-tutsi n'immunise pas individuellement chacun de ses membres contres ses tendances "ethnisantes". On doit surtout vérifier s'il n'y en a pas qui le font par intérêt, pour se créer une façade, une sorte de couverture ou passe-droit pour agir tel qu'ils le veulent sans se faire inquiéter… Avez-vous suivi mon doigt?
- Vous : « Par-là? »
- Moi : « Non, pas par-là!... plutôt de ce côté-là!... »
- Vous : « Là-bas aussi!!!! »
- Moi : « Lui aussi il le fait?... »
- Vous : « C'est pas "lui" mais "eux"! »
- Moi : « Donc, "eux" aussi font ça?...»
- Vous : « Tu parles! Ils sont là-dedans jusqu'au cou! »
- Moi : « Oh!...OK! J'ai compris!... Mais faut pas le dire si fort! »
- Vous : « Et pourquoi? »
- Moi : « Parce que vous risquez d'attraper une maladie! »
- Vous : « Quelle maladie? »
- Moi : « Vous risquez d'être inféodé! »
- Vous : « Inféo-quoi? Tu veux plutôt dire infecté? »
- Moi : « Pas du tout! Vous avez bien compris! I-n-f-é-o-d-é! »
- Vous : « Et qu'est-ce que c'est que cette maladie?!!! »
- Moi : « C'est une maladie qu'on attrape après la nyakurisation!»
- Vous : « Nyaku-quoi? C'est quoi ça encore! »
- Moi : « La nyakurisation est un processus qui commence par le moment où vous vous rendez compte que ceux qui disent dire la vérité sont en fait ceux qui mentent. C'est le début de l'infection et de la période d'incubation. Si ça reste là vous n'êtes pas encore tout à fait inféodé. Vous êtes officiellement inféodé à partir du moment où vous commencez à rejeter leurs mensonges au vu et au su d'eux-mêmes et/ou de tout le monde, et que vous vous dissociez de leurs montages! »
- Vous : « Et depuis quand ça existe ça? »
- Moi : « La nyakurisation existe depuis l'Indépendance du Burundi. Par contre, l'inféodation n'existe que depuis que le CNDD-FDD est au pouvoir! Les spécialistes ne sont parvenus à trouver leurs noms respectifs qu'au début de la Grande Époque de "Mascaradage" dans laquelle nous sommes encore!»
- Vous : « Mascara-quoi? »
- Moi : « Pas le "mascara"! Même si les deux sont des maquillages, le "Mascaradage" est une technique très élaborée qui consiste à qualifier de "mascarade" tout projet, toute idée ou toute activité que le gouvernement burundais entreprend, que ce soit au début, en cours ou une fois complété. Cette technique s'est beaucoup plus accentuée et plus médiatisée après les élections communales de 2010 et depuis, elle est utilisée à toutes les sauces. »
- Vous : « Bon! D'accord! J'ai compris. Et comment on guérit de cette terrible maladie? »
- Moi : « À ma connaissance, il n'existe pas encore de remède ou vaccin connu contre des maladies imaginaires, mais je crois qu'il existe des spécialistes capables de vous administrer une inoculation infaillible dans ce cas précis! »
- Vous : « Et où trouve-t-on ces spécialistes? »
- Moi : « Aviez-vous suivi mon doigt tout à l'heure? »
- Vous : « Par-là? »
- Moi : « Non, pas par-là! De ce côté-là… »
- Vous : « Et les autres!... Ils ne peuvent pas me soigner?! »
- Moi : « Je suppose que oui, puisqu'ils sont, selon vous, qualifiés dans la même spécialité! »
- Vous : « Mais toi, est-ce que tu es aussi inféodé?»
- Moi : « Fin de la conversation!»
- Vous : « Pourquoi? »
- Moi : « Va te faire f&%$/"¤§µ!... Oups! Pardonnez mes doigts! Ils tapent plus vite que ma pensée!... Dites donc! Vous êtes de quel côté vous! Si vous êtes de leur côté, eh bien devinez! Et si vous n'êtes pas de leur côté, eh bien devinez encore plus! De mon côté, c'est confidentiel!... Avez-vous compris?»
- Vous : « Une dernière question. Et si je décide de ne pas me faire soigner? »
- Moi : « Vous avez enfin tout compris! »
Parenthèse à part, je me permets de faire cette déclaration qui va surprendre beaucoup : "Les problèmes ethniques ne sont pas finis, ni ne finiront jamais. Il se trouvera toujours un ou des illuminés qui voudront profiter de moments d'inattention pour ressusciter les vieux démons, même si au départ il y aura eu toutes les meilleures des intentions du monde." Donc, ça ne m'étonnerait pas que quelqu'un dorme avec un autre plan quelque part!
C'est comme le racisme, la xénophobie, et autres clivages de toutes sortes, à la seule différence qu'au Burundi on n'a pas encore eu le temps de rééduquer la population et qu'une partie considérable risque de retomber dans la violence si elle est provoquée. Et Dieu seul sait s'il y en a qui veulent que tout bascule, burundais comme étrangers!
Toute autorité (gouvernement, partis au pouvoir ou non, société civile, médias) et surtout les services de sécurités, ont le devoir et même l'obligation d'être paranoïaques en tout temps face à toute situation pouvant conduire à cette possibilité d'y retourner. Et s'ils ne sont pas assez vigilants, c'est toute la population qui sera paranoïaque, et c'est très facile d'en deviner les conséquences.
Si vous voulez vous poser la question de savoir si tout le monde prendra ses responsabilités, je vous répondrai que ça c'est une autre histoire sur laquelle on reviendra à l'avenir!
Quand j'ai parlé de cette histoire à Madame LaDame, Monsieur LeSieur et Monseigneur Lord, ils se sont tous exclamés : « Incroyable! Et tout ça à cause du pouvoir? Mais qu'est-ce qu'on ne ferait pas! »
Cas n°3 : Au journal Iwacu, il y a des images qui valent plus que mille mots
Comme d'habitude au cours de mes passe-temps favoris, j'étais donc en train de curieusement m'intéresser au dossier de l'assassinat de Léandre Bukuru, en lisant cet article dans le site Internet du journal Iwacu. Et intuitivement, sans que j'aie à faire quoi que ce soit de plus que voir, mon regard s'intéresse surtout aux images accompagnant l'article. C'est à ce moment-là que comme une hallucination, je remarque des coïncidences toutes aussi surprenantes les unes que les autres : les couleurs des habits et la position des mains! Si vous regardez attentivement la photo de couverture, la photo de Léandre Bukuru, et la troisième photo , vous allez vous rendre compte de ce qui suit :
- L'autre dame de la société civile sur la photo de couverture porte une robe rouge étrangement semblable à celle de Mme Jeannette Inamahoro;
- Monsieur Armel Niyongere de l'ACAT porte une chemise de même couleur rouge sur la troisième photo ;
- Madame Jeannette Inamahoro porte un même boubou de même couleur rouge sur les deux photos (photo de couverture et troisième photo) ;
- La même couleur rouge est celle du t-shirt de Léandre Bukuru sur sa photo ;
- La couleur de la cravate de Pacifique Nininahazwe matche étrangement celle du jeune garçon dans les mains de Madame Jeannette Inamahoro sur la troisième photo ;
- Et pour couronner le tout, toutes les personnes sur toutes les deux principales photos ont adopté la même position des mains que Léandre Bukuru.
Le journal Iwacu nous a habitués à des images percutantes et parlantes dans ses publications. Dans ce cas-ci il est évident que ça dépasse ce simple fait. Ça pourrait n'être qu'une pure coïncidence, et je pourrais également comprendre que le photographe et son journal aient voulu de l'uniformité pour leur publication. Je me pose surtout beaucoup de questions sur le processus, la séquence et l'ordre de sélection des habits et la prise de la photo elle-même. Qu'est-ce qui est venu en premier? Est-ce que la prise des photos est venu après la sélection (ou la vue) de la photo de Léandre Bukuru? Est-ce que la dame portait déjà ses habits rouges ou le lui a-t-on conseillé après la sélection de cette photo de Léandre Bukuru? Est-ce qu'on lui a dit qu'on voulait qu'elle porte des habits de couleur semblable à celle du t-shirt de son mari? Est-ce que le petit garçon portait déjà ses habits verts ou on les a choisis exprès pour la prise de la photo? Dans quelles circonstances exactement ces photos ont-elles été prises?
Dans le cas peut-être improbable (et je dis bien improbable) où ces habits auraient été offerts à la famille ou qu'on ait voulu expressément se synchroniser à elle, je crois qu'on devrait enquêter plus profondément dans ce dossier pour déterminer s'il s'agit d'une simple récupération politique du dossier par médias interposés, le MSD et/ou la société civile, ou s'il y a eu une implication directe ou indirecte dans cet assassinat de Léandre Bukuru, dans le but d'en faire porte le chapeau à la Police Nationale. Surtout si on regarde le vacarme qui a accompagné cet assassinat, moi je penserais à une manipulation. Ce sont de simples questions auxquelles madame Jeannette Inamahoro pourrait très facilement répondre puisqu'elle devrait se souvenir des détails du déroulement de la prise de ces photos.
Le dossier de Léandre Bukuru me rappelle un autre dossier qui présente des similitudes quant au traitement que les médias y ont réservé. Il s'agit du dossier de selles découvertes autour de la permanence du MSD à Gishubi à la fin du mois de février 2010. Et pour ce dernier cas, je peux sûrement vous prouver que c'est plutôt du côté du MSD et/ou de ses acolytes qu'il faut regarder. Ça viendra plus tard dans un autre article.
C'est presque la même région, les deux impliquent le MSD, on ne sait pas exactement qui a commis le forfait, le journal Iwacu a voulu impliquer un homme d'Église (Abbé Adrien Ntabona pour le premier et Monseigneur Simon Ntamwana pour le second) pour des commentaires. Ne vous méprenez pas : les hommes d'Église n'ont émis que des commentaires qui normalement ils sont sensé émettre dans pareils cas, c'est-à-dire condamner ces forfaits. Par contre, je condamne cette pratique d'Iwacu d'impliquer une personnalité religieuse pour des commentaires sur un crime pendant que les autres médias, les partis de l'opposition et/ou les meurtriers font en sorte que l'opinion pense que ce sont les agents du gouvernement ou le parti CNDD-FDD qui a commis le forfait, et qu'il s'avère par après que c'était une tout autre histoire. C'est comme si on utilisait l'opinion d'un homme d'église malgré lui dans une condamnation indirecte du gouvernement ou du parti. Et le journal Iwacu excelle dans ce genre de jeu très subtil avec images à l'appui, et je devrais vous le démontrer dans le texte à venir. N'est-ce pas ça qu'on appelle de la manipulation? Bien sûr on se défendra en disant que ce sont des erreurs d'inattention, une autre tactique très répandue…
Quand j'ai parlé de cette histoire à Madame LaDame, Monsieur LeSieur et Monseigneur Lord, ils se sont tous exclamés : « Incroyable! Et tout ça à cause du pouvoir? Mais qu'est-ce qu'on ne ferait pas! »
Cas n°4 : Pas que de simples nomosigles ou Comment s'obliger à la sympathie de la planète
Il existe de ces casse-têtes très compliqués qu'on ne parvient à comprendre qu'une fois qu'on a réuni et assemblée une assez bonne quantité de ses pièces, pour ensuite pouvoir deviner à quoi l'image ressemblerait si elle était complétée.
Dans les réactions sur le récent article de l'entretien accordé par Alexis Sinduhije à Antoine Kaburahe dans le site Internet du journal qu'il dirige, un des internautes a reproché à Alexis Sinduhije de vouloir toujours se prendre pour des personnalités mondialement populaires comme Barack Obama, Charles de Gaule, Paul Kagame, Karl Marx et j'en passe. Vous vous souvenez également qu'il n'y a pas très longtemps, certains tutsis ont voulu répandre dans le monde l'idée d'être des juifs, et d'avoir toujours subi un sort comparable, voulant ainsi faire en sorte que le monde soit convaincu que les tutsis rwandais et les tutsis burundais ont été victime d'un même génocide.
Quand j'étais encore à l'école primaire, je me souviens que dans nos matchs de football on aimait se donner des surnoms comme Pélé, Mohamed Ali, Michel Platini, Maradona, Zico, Roger Miller… même si les noms n'avaient aucun rapport avec le football. Mais le chapeau appartient sans doute aux musiciens congolais avec leurs noms d'artistes : le Mabé Schwarzenegger, Kalonji Bill Clinton, …
Si nous ou les congolais on le faisait par pur plaisir, Alexis Sinduhije a toujours un calcul politique derrière ses comparaisons, et parfois ça va même beaucoup plus loin dans la subtilité. Et c'est ce que nous allons démontrer dans les lignes qui suivent.
Pour illustrer ce fait, imaginons un Allemand ne connaissant rien du Burundi, lisant son Journal. La première fois qu'il entend parler du Burundi, c'est quand il tombe sur un article où on parle d'Alexis Sinduhije comme le Karl Marx ou l'Obama du Burundi, qui a dû fuir la tyrannie des dirigeants de son pays. Pour ceux qui ne le savent pas, Obama est peut-être un peu moins populaire dans son propre pays en ce moment, mais il est très populaire dans la majeure partie du monde. Ensuite un autre jour, cet Allemand tombe sur un reportage comme celui de Pauline Simonet, et à la fin sur un autre reportage parlant d'une rébellion qui a décidé de prendre les armes contre le pouvoir burundais, et qu'Alexis Sinduhije supporte cette rébellion. Voilà comment par une succession de petits faits et événements bien contrôlés on s'attire la sympathie du monde. Et ça, Alexis Sinduhije et ses alliés et/ou acolytes savent très bien comment l'exploiter.
C'est ce qui me pousse à remettre en question certaines pratiques des médias et organismes locaux et internationaux, qui servent plus à faire la promotion de cette sympathie envers les partis d'opposition qui ont boycotté par leur propre choix les élections en dénonçant des fraudes, alors qu'ils savaient pertinemment qu'ils allaient perdre les élections (ça peut se démontrer aussi).
Beaucoup d'internautes ont sans doute suivi le pugilat médiatique qui s'est déroulé entre Fabien Cishahayo (www.burundibwacu.info) et Freddy Sabimbona (www.iwacu-burundi.org) lorsque Fabien avait dénoncé la coïncidence du choix du moment (par un Français et un Burundais) pour écrire une pièce de théâtre faisant l'éloge (à mots couverts) de Pierre Buyoya, avec la situation politique burundaise du moment. Pensez-vous vraiment que ce soit un fait du hasard que quelques semaines plus tard, on retrouve un article de Fabien Cishahayo et un autre de Pierre Buyoya dans le premier magazine Iwacu, même s'il se pourrait qu'il n'y ait eu aucun contact entre les deux? Pensez-vous réellement que tous les internautes qui ont suivi les échanges vont avoir le réflexe de le demander ou vont-ils juste se résigner à cette idée que "c'est dans le sac"? En tout cas pour moi c'est ce "c'est dans le sac" qui m'est venu en premier. Le journal Iwacu joue souvent à ce jeu subtil et je pourrais en raconter des multitudes.
On retrouve également ce jeu dans cette attribution de prix de la Fondation Chirac. Si Maggy Barankitse et Louise Arbour méritent sans conteste leurs prix respectifs, le fait de les leur attribuer au cours des mêmes cérémonies constitue une façon indirecte de mettre les tutsis du Rwanda et ceux du Burundi "dans le même panier" alors qu'il n y a aucune ressemblance des situations dans les deux pays. Les tutsis du Rwanda ont été les victimes, les tutsis du Burundi ont été des bourreaux. C'est très facile à comprendre, mais la majorité du public français n'est pas au courant de cette différence.
Je soupçonne même qu'en regardant les événements qui se sont déroulés après ces cérémonies, tout avait été justement fait pour que ce ne soit pas du hasard, ou qu'Alexis Sinduhije et son FRONABU-Tabara s'étaient justement préparé en conséquence pour ne pas rater cette tribune de visibilité offerte gratuitement sur le monde. Disons que c'est une observation… qui pourrait également cacher d'autres choses insoupçonnées… Read on!
Vous souvenez-vous de cet article publié au début du mois d'août 2010 qui parlait en détails de l'origine probable du mot IKIBI-RI-TI ou de l'autre publié au début de février 2010 faisant allusion au MSD comme étant Mouvement Sans Défaite (ou Mouvement des Sans-Défaite)? Si vous les avez ratés je vais les remettre en ligne prochainement. Pour le moment je vous présente quelques autres trouvailles qui pourraient être un sujet d'une étude ou d'une discussion de salon ou de bar, à approfondir... un vrai régal!…
J'étais donc en train d'être furtivement alerte en me demandant s'il existerait des surprises qu'on pourrait trouver dans le langage tel que les burundais seuls savent le manier quand je me suis rendu compte que le site internet de la RPA (http://www.rpa-radiyoyacu.org/) ressemble étrangement à la page Facebook de Voice of America (http://www.facebook.com/RadiyoyacuVOA). J'étais également en train de faire la même chose quand j'ai réalisé que "ADC – Alliance démocratique pour le changement" a des similitudes à tout le moins énigmatique avec "FDC – Front de Démocratie pour le Changement", l'alliance (incluant le FPR) contre le MRND qui a été formé pendant les négociations rwandaise d'Arusha en 1992 ou 1993. Un coup d'œil de vérification dans le livre "Noirs Fureurs, blancs menteurs" de Pierre Péan m'a également permis de remarquer que le FDC s'est constitué sur recommandation d'un certain avocat belge appelé Me Bernard Maingain. Comme je suis de nature très curieusement prudent, je me permets de relever que Me Pierre Maingain pourrait n'avoir rien à voir avec la formation de l'ADC-Ikibiri, même s'il a été l'avocat d'Alexis Sinduhije dans ses démêlés avec la justice burundaise moins environ un an avant les élections. Vous ne voulez quand même pas que je me mette à dos un avocat! Ma curiosité indisciplinée a quand même poussé plus loin et c'est en jouant avec des abréviations bizarres que je me suis rendu compte qu'African Public Radio = APR = Armée Patriotique Rwandaise, et que vice-versa Radio Publique Africaine = RPA = Rwanda Patriotic Army. Comme vous le savez probablement, quand la curiosité a décidé de prendre le contrôle, vous n'y pouvez rien. C'est alors que j'ai cédé et que sans que j'aie à faire quoi que ce soit d'autre que l'écouter, j'ai réalisé, en écoutant les nouvelles en Français dans le site de la RPA (http://www.rpa-radiyoyacu.org/), le monsieur qui dit "RPA!" dans la transition sonore, eh bien il le dit avec un accent exagérément rwandais. Est-ce que c'est un rwandais? Depuis quand la RPA existe déjà? Depuis 10 ans? Êtes-vous certain que Sinduhije n'est pas Rwandais ou n'a pas grandi dans un entourage rwandais? Parce qu'à un certain moment je me le suis quand même demandé. Je vous jure que je ne l'ai jamais rencontré, ni ne sais rien d'autre de lui que ce qui se dit dans les médias!
Quand j'ai parlé de cette histoire à Madame LaDame, Monsieur LeSieur et Monseigneur Lord, ils se sont tous exclamés : « Incroyable! Et tout ça à cause du pouvoir? Mais qu'est-ce qu'on ne ferait pas! »
Putting it all together
Après ce qui précède, pensez-vous réellement que le fait de se comparer à Paul Kagame, de choisir une reporter ayant une mère rwandaise pour parler d'une rébellion dirigée par un Munyamulenge parlant une langue rwandaise, de se faire promouvoir par les avocats et journalistes (Colette Braeckman, Marie-France Cros) qui ont été mêlé de prêts ou de loin à ce qui s'est dit dans les médias sur la tragédie rwandaise, d'attendre le jour où une tutsie burundaise et une ancienne avocate du TPIR dirigeante de l'ICG reçoivent un prix en même temps, de faire coïncider tout ça avec une période électorale en RDC… le tout accompagné par un tapage médiatique international initié par le porte-parole de l'OAG concernant 300 exécutions extra-judiciaires que seuls les médias et la société civile burundaise ont pu répertorier et l'assassinat d'un membre du MSD dont la couverture médiatique présente une sérieuse tentative de manipulation, et de 2 innocents religieux étrangers qui étaient au Burundi pour des raisons humanitaires… pensez-vous réellement qu'il n y a personne qui essaie de provoquer une même situation qu'au Rwanda? Ou si ce n'est pas ça, pensez-vous sérieusement qu'il n'y ait pas d'anciens dignitaires des régimes passés qui préparent le terrain pour pouvoir se poser en victimes au cas où la Commission Vérité et Réconciliation chercherait à aller plus loin dans les enquêtes les concernant? Peu importe ce que vous choisirez de croire, le choix est à vous.
Si vous osez me parler encore de coïncidences, j'appelle Monseigneur Lord et je loge une plainte contre vous chez Dieu. Ceux qui veulent faire des transpositions de ce qui s'est passé au Rwanda sur la réalité burundaise devraient y penser à plus d'une fois. Le problème du Rwanda n'a rien à voir avec le problème du Burundi. Alors laissez tomber! Mais si vous voulez vous aventurer sur ce terrain, nous allons aussi y aller. Et nous disposons d'assez bons arguments que nous n'hésiterons pas à utiliser. Le Burundi n'est pas le Rwanda, le Rwanda n'est pas le Burundi. Et c'est très important que ça soit important cette distinction.
En terminant, voici une traduction d'un conte authentique burundais que j'ai fait à Madame LaDame, Monsieur LeSieur, et Monseigneur Lord (conte n°3 à ce lien). Vous m'excuserez d'avoir voulu jouer avec le titre. Ce conte illustre bien cette manie que nous Burundais avons d'accuser l'autre tout en sachant pertinemment que c'est nous-mêmes les coupables. J'aurai pu prendre n'importe lequel des contes puisque la culture burundaise est truffée d'assez de personnages (Samandari, Bakame, Inarunyonga, Nkizikigufa…) qui savaient comment manier ruse, trahison, tromperies, subterfuges pour dépouiller l'autre de ce qui ne leur appartient pas.
J'espère quand même que vous n'allez pas penser que j'ai fait ça pour le pouvoir! J'en voudrais, mais je n'ai pas assez de pouvoir pour prendre le pouvoir, ni pour le gérer, ni pour le garder. C'est trop puissant à tenir le pouvoir! Vous ne vous en êtes jamais rendu compte?
Une histoire très, très vache
Un jour il y avait cet homme au nom de Nzomararumwe ("Homme à une mission"). Il avait emprunté une vache de son ami Ntakobatagize ("Il n'y a rien qu'ils ne feraient"). Quelque temps s'étant écoulé, Ntakobatagize s'en va récupérer sa vache chez Nzomararumwe. Nzomararumwe décide de se cacher et donne cette instruction à sa femme: "Peu importe quand il arrive, tu luis dis que je suis allé chercher l’offrande du roi". Et il s'en va dans le champ de sorgho (herbes longs) à côté, s'y assoie et attend.
Un peu plus tard, Ntakobatagize arrive et salue. Sans même qu'il lui ait dit la raison de sa venue, la femme le devance et lui dit: "Je pense que vous vous êtes manqués. Il vient tout juste de partir chercher l’offrande du roi, et il n'arrivera pas de sitôt parce que l'endroit où ça se trouve est très éloigné. Ntakobatagize répond: "Moi non plus je ne suis pas si pressé. Je vais l'attendre et je ne partirai pas d'ici sans ma vache."
Et il s'assoie et patiemment attend en silence.
Quand la nuit commence à tomber, Nzomararumwe sort de sa cachette sans ne se soucier de rien en se disant: "Même s’il est venu, il doit s'être fatigué d'attendre et est parti."
Il n'a pas ouvert l'entrée de son enclos qu'il voit Ntakobatagize assis là devant lui comme une apparition à attendre. Et Ntakobatagize de le gronder : "J'ai passé toute la journée à t'attendre, sans rien manger. Qu'est-ce que tu vas me sortir comme mensonge maintenant? Donne-moi ma vache tout de suite ou on sort la houe qui enterre l'unité!" Pris au piège, Nzomararumwe lui dit: "Viens chercher ta vache ce samedi".
Au jour convenu, Nzomararumwe dit à sa femme: "Emballe-moi dans cette natte, et installe-moi débout contre le mur dans l'entrée. Si Ntakobatagize arrive pour chercher sa vache, dis-lui que l'emballage est l’offrande destinée au roi.
Quand Ntakobatagize arrive, la femme lui dit comme elle a été instruite. Et Ntakobatagize de rétorquer: "Mes mains à couper que je ne laisserai pas cette offrande du roi!" Et il charge le paquet sur sa tête, dit à la femme de dire à son mari qu'il se débrouille avec le reste, et part. Affolée, la femme court après lui en le suppliant : "Mais si tu prends cette offrande, le roi ne va pas l'épargner et va le tuer!"
Ntakobatagize ignore la femme et continue son chemin. Arrivé chez lui, il pose le paquet dans la cour arrière et tranquillement attends.
L'homme dans le paquet reste comme un mort. La nuit tombée, il prend le petit couteau qu'il avait dissimulé sur lui, coupe les cordes à travers la natte l'enveloppant, sort et s'enfuit jusque chez lui. Le lendemain matin, il emmène avec lui la vache chez Ntakobatagize pour la lui rendre: "La voici ta vache, et maintenant donne-moi s'il te plaît l’offrande du roi pour que je m'en aille la remettre!"
Quand Ntakobatagize se glisse dans la cour arrière, il trouve l'oiseau envolé. Couvert de honte et d'inquiétude, il revient et dit à son ami : "Le paquet a été volé. Il n'est plus à l'endroit où je l’avais posé." Quand l'autre entend cela, il lui dit : "Arrête tes élucubrations et donne-moi cette offrande pour que j'aille à la cour du Roi! Si tu veux me faire décapiter, toi non plus tu ne resteras pas vivant!"
Ntakobatagize commence à trembler et à supplier : "Aie pitié de moi mon ami et ne me dénonce pas! Je vais te donner 4 vaches! Tu pourras même garder celle-là que tu me dois! Tu vas trouver une autre offrande."
Nzomararumwe refuse la proposition de Ntakobatagize :
- "N'as-tu pas honte? Penses-tu que ces vaches valent ma tête? Et tu crois que ça prendra combien de temps pour avoir une autre offrande?"
- "Si tu acceptes de me couvrir, je t'en donne 10 vaches de plus", propose encore Ntakobatagize.
Quand Nzomararumwe entend que le nombre de vaches passe à 15, il se dit à lui-même : "Je viens de t'avoir!" Et cachant mal sa satisfaction, il répond à Ntakobatagize : "D’accord! Je vais accepter, mais uniquement parce que tu es mon ami! Mais si on me met la corde au cou, ces vaches ne valent pas ma tête et je ne vais pas accepter de me faire décapiter."
Ntakobatagize le supplie encore :
-"Empresse-toi d'accepter mon ami! Et je vais même te donner des gardiens qui vont les acheminer jusque chez toi. Si tu vois qu'à la cour du roi la colère monte, je vais même t'en donner d'autres vaches de plus".
Et Ntakobatagize de sortir un gros pot de bière pour le remercier. Il lui donne également des gardiens et le supplie de garder le secret.
Quand Nzomararumwe a assez bu, il se lève et rentre chez lui, riche de ses 15 vaches. Tout au long de son retour chez lui, Nzomararumwe ne cesse de se glorifier :
"Je viens de t'avoir moi le glorieux garçon qui n'est pas un vaurien emportant le paquet qu'il n'a pas emballé. Moi Nzomararumwe je reçois sans rien donner et c'est pour ça qu'on me récompense de 10 vaches en plus et leurs veilleurs après en avoir refusé 5."
Et c’est ainsi qu’une seule vache coûta à Ntakobatagize les autres qui lui restaient.
Umugizi siwe mugirirwa. ("Celui qui sème n'est pas celui qui récolte")
Conclusion?
Bienvenue en 2012, l'année du combat pour la vérité, l'année du combat contre le mensonge! On vous en donne notre parole!
Bindel Magenda












