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Alger est prête à reconnaître le CNT libyen

Le Monde, 01.09.2011 - Un pas vers la reconnaissance du Conseil national de transition libyen . Jeudi 1er septembre, à quelques heures d'une conférence internationale sur la Libye, l'Algérie affirme qu'elle est disposée à recontraître le Conseil national de transition (CNT), l'organe politique des rebelles. A une condition cependant : que celui-ci ait formé un gouvernement représentatif. Depuis le début du soulèvement, l'Algérie avait toujours refusé de reconnaître  les autorités de transition libyennes.

"Le CNT est porteur des volontés d'émancipation et de plus grande liberté du peuple libyen", a estimé Mourad Medelci, le ministre des affaires étrangères sur Europe 1, affirmant que l'Algérie avait été surtout gênée par l'intervention militaire étrangère, conduite par la France et la Grande-Bretagne. Le ministre a indiqué qu'il s'était déjà entretenu au téléphone avec le numéro deux de la rébellion, Mahmoud Jibril, et qu'il prévoyait de rencontrer  le président du CNT, Moustapha Abdeljalil, jeudi à Paris, en marge de la conférence internationale sur la Libye.

L'Algérie a également assuré qu'elle excluait d'accueillir sur son sol Mouamar Kadhafi. Alger a pourtant admis sur son territoire une partie de la famille Kadhafi, notamment la fille du "guide", Haïcha, qui a accouché en Algérie. Mais cet accueil avait été offert pour "des raisons exceptionnelles, humanitaires d'abord", a tenu à souligner Mourad Medelci.

JUPPÉ JUGE L'ATTITUDE D'ALGER "AMBIGUË"

L'Algérie a été conviée par la France à la conférence internationale sur la Libye, bien que Paris considère sa position eu égard au conflit libyen comme "ambiguë", terme utilisé par le ministre des affaires étrangères, Alain Juppé. "Je suis allé en parler moi-même au président [Abdelaziz] Bouteflika. Il m'a assuré n'avoir donné qu'une aide humanitaire, j'espère que cela se vérifiera", a-t-il affirmé, ajoutant que les autorités algériennes lui ont démenti toute livraison d'armes au colonel Kadhafi.

Alain Juppé avait également dit "regretter" qu'Alger ne reconnaisse pas encore le CNT, qui "a fait preuve de sa représentativité". C'est quelques minutes après cette remarque que le ministre des affaires étrangères algérien précisait la position de son pays sur Europe 1.  "Ce que nous aimerions, c'est que l'Algérie s'engage à fond, avec nous d'ailleurs, avec la Mauritanie, le Mali, le Niger pour lutter contre Al-Qaida au Maghreb islamique", a estimé Alain Juppé.